Printemps du Livre Montaigu – Jamy Gourmaud

Printemps du Livre Montaigu – Jamy Gourmaud

Publié le 09/05/2026 à 14h34 | Durée : 0h12min

Jamy Gourmaud présente son premier roman « Les ailes de la forêt ».

Voici la proposition pour Jamy Gourmaud.


Les Ailes de la forêt : Jamy Gourmaud au micro de Dig RADIO

Toute une génération a grandi avec lui dans le camion rouge de C’est pas sorcier. Pendant vingt et un ans, Jamy Gourmaud a expliqué la science avec une patience et un plaisir communicatif que peu d’animateurs ont égalés. Depuis, il poursuit avec Le Monde de Jamy sur France 3 et avec Épicurieux sur YouTube, où il rassemble 2,3 millions d’abonnés. Mais en 2026, ce Vendéen d’origine fait un pas de côté inattendu. Il a écrit un roman.

Les Ailes de la forêt, paru chez Albin Michel le 1er avril 2026 (286 pages, 19,90 euros), emmène le lecteur à Saint-Laurent-du-Maroni en 1924. Émile Le Guillou, chasseur de papillons et commerçant parisien acculé, revient sur la terre où il a grandi pour capturer un spécimen mythique : le gynandromorphe, morpho rarissime aux ailes d’un bleu aveuglant, à la fois mâle et femelle. Aidé de Florine, jeune femme insaisissable, il affronte une jungle qui n’a rien d’un décor, des bagnards à l’affût, des trafiquants prêts à tuer et la convoitise des collectionneurs parisiens. Une question travaille le livre du début à la fin : jusqu’où va la passion quand elle se confond avec la possession ?

Ce passage au roman, Jamy Gourmaud le présente non comme un changement de cap mais comme un retour à ses origines. « J’ai presque envie de vous dire que tout ce qu’il y a eu avant le roman était une parenthèse. » Il n’a pas de formation scientifique : il est journaliste, de formation littéraire, arrivé à la science par hasard. Son rêve depuis l’âge de seize ans était d’écrire un livre. Le déclic est venu en lisant la biographie d’Eugène Le Moult, entomologiste réel : deux lignes sur le gynandromorphe, un papillon qu’il ignorait, ont fait tilt. La Guyane qu’il connaît bien a fait le reste.

Le roman repose sur la confrontation de « deux jungles » : la jungle guyanaise et la jungle sociale du Paris des Années folles. Dans cette deuxième jungle, on croise Brassaï, André Breton, Foujita, Elsa Triolet, dans le bouillon des surréalistes que Jamy Gourmaud admire. La première, plus rude encore, est traversée par les bagnards venus de toutes les classes sociales, parmi lesquels des récidivistes, des criminels passionnels, mais aussi des comptables, des instituteurs ou des médecins que les familles guyanaises pouvaient « louer » pour leurs services. Le bagne de Charvein, surnommé « guillotine sèche », y apparaît tel qu’il a existé : on y travaillait nu, enchaîné, à abattre des arbres tirés à la force des bras.

Au micro de Dig RADIO, partenaire de la 36e édition du Printemps du Livre de Montaigu, Jamy Gourmaud revient sur la naissance de ce premier roman, sur la documentation qui l’a conduit jusqu’aux plans de l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925, sur la Guyane comme pays d’enfance retrouvée pour son personnage, et sur cette part de lui que vingt et un ans de télévision n’avaient pas laissé voir : un romancier qui s’ignorait, ou plutôt qui s’attendait depuis très longtemps.

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