Chronique N°17 : LE PALAIS de François-Henri Désérable

Chronique N°17 : LE PALAIS de François-Henri Désérable

Publié le 28/10/2026 à 18h18 | Durée : 3min

Dix-septième rendez-vous de la formule hebdomadaire d’Esprit Livres. Le Palais, de François-Henri Désérable, paraît chez Gallimard. Un enfant de Delhi, une famille de Beaune, et un don qui finit par valoir une fortune.

Le livre est en rayon aux Maisons de la Presse de Montaigu et de Clisson, partenaires de l’émission.

Il existe des gens qui reconnaissent une note de musique sans instrument et sans référence. On appelle cela l’oreille absolue. Arun, lui, a le palais parfait. Il goûte, et il identifie des centaines de saveurs là où les très bons œnologues n’en nomment qu’une partie.

Arun est né à Delhi. Adopté à huit ans par un couple de Beaune, il grandit dans le restaurant familial, au milieu des verres que les clients laissent à moitié pleins. Il se lie d’amitié avec Margot, fille d’un très grand vigneron, et c’est le père de Margot qui lui ouvre le métier. Toute une première partie du livre se passe dans les vignes. Le vocabulaire des vignerons, les caprices de la météo, ce qu’il faut réunir pour faire un grand vin. Puis Arun devient adulte, et le roman l’emmène loin de la Bourgogne, jusqu’à New York. Une chose est dite dès les premières pages : il finira derrière les barreaux. Reste à savoir pourquoi, et comment.

Le roman est caustique. Il moque les multimillionnaires qui achètent des bouteilles à des prix déraisonnables, il traverse la période du Covid, il égratigne au passage. Les personnages frôlent la caricature, et c’est assumé. Les vignerons attachés à la bonne chère, les collectionneurs, les experts. On ne sait jamais tout à fait si l’auteur se moque d’eux ou s’il les peint, et cette incertitude fait une part du plaisir.

Le livre est long, et il le doit à ses digressions. Chaque fois qu’un personnage entre en scène, le texte remonte son passé et explique comment il en est arrivé là. Cela ralentit l’intrigue, c’est entendu. Cela donne aussi des figures hautes en couleur, aux personnalités arrêtées, dont on se souvient. Il faut accepter les parenthèses pour que le roman donne ce qu’il a.

François-Henri Désérable a été hockeyeur professionnel avant d’écrire. Il a reçu le Grand Prix du roman de l’Académie française pour Mon maître et mon vainqueur. Avec Le Palais, il quitte les figures historiques et les récits de voyage qui occupaient ses derniers livres pour une épopée du goût, d’un bidonville de Delhi aux caves de Bourgogne.

C’est Soizic, libraire aux Maisons de la Presse de Montaigu et de Clisson, qui présente ce roman.

Infos pratiques

Le Palais, de François-Henri Désérable. Gallimard, collection Blanche, 416 pages, 23 euros.

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