Chronique N°15 : LA DERNIÈRE DES WILBERFORCE de Julia Kerninon

Chronique N°15 : LA DERNIÈRE DES WILBERFORCE de Julia Kerninon

Publié le 12/10/2026 à 17h02 | Durée : 2min

Quinzième rendez-vous de la formule hebdomadaire d’Esprit Livres. La dernière des Wilberforce, de Julia Kerninon, paraît aux éditions de l’Iconoclaste. Une presqu’île reliée au continent par un cordon de sable, un hôtel tenu par une famille de femmes, et dix ans de silence.

Le livre est en rayon aux Maisons de la Presse de Montaigu et de Clisson, partenaires de l’émission.

Une presqu’île reliée au continent par un cordon de sable. Des dunes, des criques, un hôtel tenu par une famille de femmes. Chaque été, deux fratries s’y retrouvent. Les frères Schnabel, les sœurs Wilberforce. Entre eux, ils se donnent un nom : les jumeaux cosmiques.

Puis l’adolescence passe, et un double drame survient. Les deux familles cessent de se parler. Dix ans plus tard, la mère des garçons, romancière à succès, organise une grande fête sur la presqu’île. Elle invite les Wilberforce. Personne ne comprend pourquoi.

Le roman est choral, et ce sont les femmes qui parlent. Les hommes ont peu la parole. Mais ils sont la cause. L’abandon, la solitude, l’écrasement, et le mal absolu. Ils occupent peu de place dans le texte et toute la place dans les vies. Les portraits de femmes sont tenus, précis, jamais réduits à un rôle. Chacune éclaire une part de l’histoire que les autres ignorent ou taisent.

Deux obsessions traversent l’œuvre de Julia Kerninon. Le choix imposé aux femmes entre un métier qu’elles aiment et leurs enfants, déjà au cœur de Sauvage. Elle ne tranche jamais. On sent qu’elle écrit depuis l’intérieur de la question. Et l’abus, déjà présent dans Liv Maria. L’abus et ses effets, ceux qui se propagent longtemps après, sur ceux qui n’étaient même pas là. Ici, le drame soude un collectif de femmes, et ce collectif veut réparation.

Julia Kerninon est nantaise. Esprit Livres lui avait déjà consacré une chronique à la parution de Liv Maria, et l’avait rencontrée au Printemps du Livre de Montaigu pour Sauvage.

Infos pratiques

La dernière des Wilberforce, de Julia Kerninon. L’Iconoclaste, 288 pages, 21,50 euros.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les épisodes liés à Esprit Livres

Voir plus
Pochette