Publié le 13/05/2026 à 10h55 | Durée : 0h12min
Le studio Dig RADIO accueille deux invités. La première s’appelle Stéphanie Blake. Elle est l’autrice de Simon, le petit lapin blanc qui dit Caca boudin, qui ne veut pas aller à l’école, qui ne veut pas aller à la piscine, qui veut des pâtes. Simon a près de vingt-cinq ans, il a été traduit dans plus de vingt pays, il a sa série animée diffusée sur France 5. Le second invité s’appelle Armel. Il a six ans. Fan de Simon.
Comment lui est venue l’idée de ce métier ? Elle fabriquait déjà des livres petite, parce qu’elle avait beaucoup de frères et sœurs. A-t-elle hésité avec d’autres voies ? Oui : franco-américaine, bilingue, elle a fait des études de chinois, voulait être traductrice et envisageait même la politique. C’est à la naissance de son premier enfant qu’elle a tout arrêté pour se consacrer à la littérature jeunesse, choix qu’elle ne regrette pas. Quelles études faut-il pour devenir autrice ? Elle est autodidacte, n’a fait ni école de dessin ni école d’écriture. Sa formation, c’est l’enfance américaine jusqu’à sept ans, qui a laissé un sentiment de déracinement et un rythme d’écriture qu’elle qualifie d’anglo-saxon, court et rythmé, posé dans la langue française.
Simon est né en 2002, après dix années passées à chercher. Aujourd’hui, Stéphanie Blake produit deux titres par an pour son lapin facétieux, écrit de manière intuitive, à partir de ses propres émotions transposées dans l’enfance. Contrairement à ce qu’on imagine, ses trois enfants n’ont presque jamais nourri directement les histoires, à l’exception notable de Moi veut ça, où le caprice du supermarché renvoie autant aux enfants qu’à ses propres achats impulsifs. Ce qui circule dans ses livres, ce n’est pas le journal de famille, mais une émotion brute travaillée par le dessin et le rythme.
Au micro de Dig RADIO, partenaire de la 36e édition du Printemps du Livre de Montaigu, Stéphanie Blake répond aux questions d’Armel sur les livres qui ont bercé son enfance américaine (Tomi Ungerer, Maurice Sendak, C. S. Lewis, Fifi Brindacier), sur le passage de Simon de la page imprimée à l’écran de la télévision, sur les contraintes propres au dessin animé qui n’existent pas dans l’album, et sur ce qu’elle reconnaît comme une chance rare : avoir trouvé, à un moment donné, ce ton et cette adresse, quelque part entre trois et six ans, où sa création tombe juste.

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