Radio Lys Hyrome : Avec Julie, cuisiner comme à la maison

Radio Lys Hyrome : Avec Julie, cuisiner comme à la maison

Publié le 29/05/2026 à 12h23 | Durée : 0h20min

À Vihiers, Julie est agent de cuisine à l’EHPAD Lys-Hyrôme depuis vingt ans, entrée à l’établissement à dix-huit ans à peine. L’année dernière, elle a passé son CAP cuisine pour pouvoir basculer en préparation chaude. L’examen lui demandait de construire un projet, un concept de restaurant. Elle a choisi quelque chose à la fois simple et exigeant : cuisiner comme à la maison.

Le principe : une habitante choisit un menu parmi plusieurs propositions, vient cuisiner avec Julie dans la cuisine de l’établissement, et invite ses convives à venir manger comme si elle recevait chez elle. Pas en démonstration. En cuisinière, en hôte. L’atelier est né d’un constat simple. La restauration collective, conduite avec sérieux et attention, ne peut pas tout. Elle impose d’anticiper, de produire en quantité, de tenir des chaînes de réchauffage. L’atelier ouvre précisément une fenêtre où ces contraintes se lèvent, le temps d’un repas, et où chacun retrouve les saveurs, les gestes et la convivialité du fait maison.

Denise s’est prêtée à l’expérience. Brodeuse au départ, jusqu’à ce que sa vue baisse, tailleuse ensuite, entrée chez un patron à quatorze ans pour confectionner des costumes d’homme sur mesure dans des draps de laine qu’on ne tisse plus. Côté cuisine, c’est sa mère qui lui a tout transmis, cuisinière de profession qui aidait sa sœur au restaurant, et que Denise a relayée à vingt ans quand la paralysie l’a clouée. Au menu de son atelier : hareng et pommes de terre en entrée, filet mignon au miel et au cidre en plat (revenu, caramélisé, mouillé au cidre, un quart d’heure encore), brioches perdues en dessert. Trois étoiles, à l’oreille. Sa spécialité, hors atelier, c’est le riz au lait, dont son fils peut engloutir un plat entier. Elle aime le poisson, les œufs à la coque avec mouillettes bien coupées dans l’assiette, beurre salé, et la cuisine simple, « la meilleure », dit-elle.

Germaine a elle aussi rejoint l’atelier. Originaire de Vihiers, dernière survivante d’une fratrie de huit, elle a passé un CAP culottière et s’est spécialisée dans les pantalons. En cuisine, son territoire à elle, c’est le beurre blanc, qu’on lui réclamait souvent, servi avec un poisson, des pommes vapeur. Elle aime les ragoûts, le gratin de poisson avec du poireau bio qui a vraiment du goût, les crèmes caramel. Et comme Denise, elle garde en mémoire ces soirs où l’établissement a servi des œufs à la coque avec mouillettes au beurre salé. « On s’est régalé », dit-elle. Les lasagnes, végétariennes ou non, font aussi partie des plats qui marquent une journée.

Julie cuisine avec ces préférences en tête. Elle commande en bio, privilégie les légumes des alentours et de saison, recherche le goût avant tout. Elle s’appuie sur la diététicienne pour la conception des menus, et écoute ce qui remonte du conseil de vie pour ajuster en continu. Sa motivation se résume à un mot : faire plaisir. Sa phrase, à cinq mots : la cuisine, c’est la vie.

Cet épisode a été enregistré dans le cadre des ateliers radio animés par DIG Radio dans les EHPAD Lys-Hyrôme de Chemillé et Vihiers.

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