Radio Lys Hyrome : 4 métiers, 4 grands acteurs du soin

Radio Lys Hyrome : 4 métiers, 4 grands acteurs du soin

Publié le 29/05/2026 à 12h12 | Durée : 0h27min

Quatre métiers, quatre angles sur la même maison. Un médecin coordinateur dont la pratique ne ressemble à aucune autre, une agente d’accueil qui est souvent le premier visage que les familles croisent dans un moment de fragilité, une aumônière dont le rôle dépasse ce que les mots décrivent, et un aide-soignant qui a eu une idée dont tout l’établissement parle encore. Tous quatre au micro sur le site de Vihiers de l’EHPAD Lys-Hyrôme.

Frédérique Algouet est médecin coordinateur depuis cinq ans. Avant cela, et encore aujourd’hui en parallèle, médecin généraliste. Le poste de coordination, dit-elle, n’a pas grand-chose à voir avec la médecine qu’elle a apprise : elle y fait le lien entre les patients, les familles et les soignants plus qu’elle ne soigne directement, même si la pénurie médicale lui demande encore un peu de soin pur. La gériatrie, elle ne l’a pas découverte ici. Elle la pratiquait déjà sur le terrain de la campagne. Ce qu’elle a découvert, c’est le travail en équipe.

Myriam est aumônière. Détachée par le diocèse d’Angers, elle exerce une mission qu’elle nomme « laïque en mission ecclésiale », rémunérée et cadrée par le droit du travail. Arrivée en novembre, originaire du Jura, ancienne militaire, elle découvre la région et s’étonne de la spiritualité encore très vivante qui s’y rencontre. Son aumônerie est multicultuelle, ce qui veut dire qu’elle accueille les attentes spirituelles de tous, et oriente vers des référents d’autres confessions quand elle n’est pas elle-même la mieux placée. Le cœur de son métier, ce sont les visites fraternelles, ces temps d’écoute en tête-à-tête qui ne sont pas nécessairement spirituels.

Florence est agente administrative depuis cinq ans, après plusieurs années dans la grande distribution et un passage à la CPAM pendant la pandémie, au contact tracing. Elle accueille les familles à l’entrée. Un moment souvent difficile pour elles, où elles se sentent perdues. Elle rassure, elle explique le fonctionnement, elle leur dit, et ce n’est pas anecdotique, qu’un EHPAD n’est pas une prison. Que les habitants peuvent sortir, partir en week-end, en vacances dans leur famille, dîner au restaurant. Beaucoup de familles ignorent cette part-là.

Gaël Dollien est aide-soignant depuis presque dix-huit ans dans l’établissement. Il travaille à Bois Savary, où il a retrouvé une dimension humaine qu’il avait perdue de vue dans d’autres services. Il y a trois ans, il a proposé « à moitié pour blaguer » une sortie patinoire pour les résidents. Amélie, l’animatrice, l’a pris au mot. Elle patine, elle avait les contacts. Direction la patinoire de Cholet, à raison d’une fois par mois, par groupes de deux à quatre résidents, valides ou en fauteuil roulant. Une centenaire prénommée Adèle a découvert la glace. Une ancienne agricultrice, Madame Chenot, aussi. Sur une année, la moitié des habitants de la résidence ont fait l’expérience. Quelques chutes mémorables au passage. Le projet a depuis essaimé sur le site de Chemillé, s’est élargi à des matchs de hockey et accompagne désormais la relance, après l’arrêt du Covid, des séjours à la mer à Noirmoutier.

Une remarque traverse les quatre interventions. Une résidente malvoyante avait été emmenée à la patinoire. Ce qui l’a marquée, raconte Myriam, ce n’est pas la glisse qu’elle ne voyait pas, c’est l’odeur de la glace. Elle a vécu sur cette sensation pendant un mois. « Jusqu’à la fin, on vit », dit l’aumônière. Et dans le prolongement de l’échange, l’idée qui s’impose au groupe : jusqu’à la fin, on peut faire des choses pour la première fois.

Cet épisode a été enregistré dans le cadre des ateliers radio animés par DIG Radio dans les EHPAD Lys-Hyrôme de Chemillé et Vihiers.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les épisodes liés à Les Ateliers Radio Séniors

Voir plus
Pochette