Publié le 21/09/2026 à 09h51 | Durée : 4min
Sixième rendez-vous de la formule hebdomadaire d’Esprit Livres, un livre par semaine. La chronique est consacrée à La première phrase du premier livre, de Philippe Besson, chez Julliard. Une enfance charentaise, une ascension sociale, l’arrivée du sida en France, et le récit du garçon qu’il était avant d’écrire.
Le livre est en rayon aux Maisons de la Presse de Montaigu et de Clisson, partenaires de l’émission.
Philippe Besson raconte comment il est devenu écrivain. Le désir d’écrire était là depuis longtemps. Pendant des années, il ne l’a pas fait.
Le livre suit sa vie, de l’enfance à l’arrivée à Paris. Des origines modestes, une enfance sage, une ascension sociale, la découverte de son homosexualité, et une carrière de directeur des ressources humaines dans une grande entreprise avant de publier. Il mêle son histoire à la grande histoire, y compris aux événements dont on ne mesure la portée qu’après coup.
Voilà ce qui fait la force du livre. L’arrivée du sida en France, des amis proches emportés, et la question qui tranche tout : si ce n’est pas maintenant, quand. C’est là que le désir d’écrire cesse d’être un projet.
Il ne s’épargne rien. Il reconnaît avoir très bien gagné sa vie et n’avoir alors éprouvé aucun besoin d’écrire. Il reconnaît aussi l’arrogance qu’il a pu avoir envers ceux qui vivaient en province. On retrouve sa plume et sa manière, mais il est cette fois acteur et personnage de sa propre histoire.
Reste ce qu’il sait faire mieux que beaucoup : raconter la jeunesse, la sienne et celle des autres. Par petits détails, un été, des années d’études, il restitue des sensations dans lesquelles le lecteur se reconnaît. Le livre paraît vingt-cinq ans après son premier roman, En l’absence des hommes.
Infos pratiques
La première phrase du premier livre, Philippe Besson, éditions Julliard, 240 pages, 21 euros.

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