Publié le 08/09/2026 à 12h27 | Durée : 2min
Esprit Livres ouvre sa quatrième saison et change de rythme : un livre par semaine. Le premier rendez-vous est consacré à Un marché noir, le nouveau roman de Bérénice Pichat, aux éditions Les Avrils. Paris sous l’Occupation, une adolescente qui transporte des colis, un trafiquant persuadé que tout s’achète.
Le livre est en rayon aux Maisons de la Presse de Montaigu et de Clisson, partenaires de l’émission.
Servane a dix-sept ans. Sa mère est morte, son beau-père l’élève seul. Elle travaille à mi-temps dans une boulangerie et elle a faim. Une ancienne camarade d’école lui propose de transporter des colis. Servane dit oui. Et elle se raconte qu’elle résiste. À dix-sept ans, on a besoin que sa vie ait un sens, même fabriqué.
En face, il y a Paul. Enfance pauvre, enfance humiliée. Il est devenu trafiquant. Il tient pour acquis que tout s’achète. La farine, les papiers, la liberté. Leurs routes se croisent dans une ville où la débrouille, l’engagement et la délation empruntent les mêmes ruelles.
Voilà ce qui fait la force du livre. Aucun des deux ne fait de politique. Servane ne résiste pas par conviction, elle répare. Paul ne trafique pas par idéologie, il prend sa revanche. La guerre ne leur invente pas de mobiles. Elle leur fournit le terrain.
Le roman est raconté deux fois. Une partie pour elle, une partie pour lui. Mêmes mois, même ville, deux vérités qui ne se recouvrent pas. Entre les chapitres se glissent des procès-verbaux, la voix d’une concierge, des pages en vers libres dont on ignore longtemps qui les porte. On entre dans ce livre avec ses catégories toutes prêtes. La petite résistante d’un côté, le profiteur de l’autre. On en ressort autrement.
Bérénice Pichat est née au Havre et y vit toujours. Professeure des écoles, elle partage son temps entre l’enseignement et l’écriture. La Petite Bonne, publié aux Avrils, lui a valu le Prix des libraires.
Un marché noir, Bérénice Pichat, éditions Les Avrils, 288 pages, 22 euros. Existe aussi en numérique et en version audio.

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