Littérature, mais aussi prise de position, seront à l’honneur de la 35ᵉ édition du Printemps du livre. La fête se déroule du 28 au 30 mars à Montaigu avec une journée spéciale consacrée aux sujets des violences sexistes et sexuelles.
“Briser le silence”, la littérature peut être une bonne solution. En janvier dernier, le Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes publie un rapport sur l’état de la relation entre ces derniers. Les chiffres sont frappants, selon l’étude, 40 % des femmes disent avoir subi au moins une situation de non-consentement dans leur vie. Dans une année frappée notamment par le procès historique des viols de Mazan, le constat reste le même et il y a encore peu d’évolution. Le Printemps du livre prend ainsi l’initiative de se positionner. Le samedi 29 mars, les visiteurs auront l’occasion de rencontrer et d’échanger avec des autrices qui, à travers leurs écrits, s’engagent en faveur de la justice et contre les violences faites aux femmes.
Trois autrices seront présentes.
En début d’après-midi, sous le chapiteau place de l’Hôtel de Ville, la romancière Sarah Barukh, sera présente pour une escale littéraire. Lors de celle-ci, animée par Philippe Chauveau, Sarah Barukh interrogera la notion de justice et présentera son nouveau roman De bleu, de blanc, de rouge et d’étoiles (HarperCollins). Écrivaine engagée, elle compte déjà plusieurs romans marquants, dont Elle voulait juste marcher tout droit (Albin Michel) et Pour que le soleil brille encore (Le Livre de Poche). En 2023, elle publie 125 et des milliers (HarperCollins), un ouvrage collectif au grand retentissement médiatique sur les femmes victimes de féminicides. Le succès est tel qu’une association luttant contre les violences faites aux femmes, « 125 et après » voit le jour. Un documentaire nommé Vivante(s) est aussi diffusé sur Canal +.
La visite continue avec un questionnement de la littérature dans le cadre des violences faites aux femmes. À l’initiative de cet échange, ce sont deux autrices, Anne Bouillon et Sophie Demange. Anne Bouillon, avocate au barreau de Nantes, est l’une des figures les plus influentes de la défense des femmes en France. Dans son livre, Affaires de femmes. Une vie à plaider pour elles (L’Iconoclaste), elle met en lumière les difficultés judiciaires rencontrées par les victimes de violences sexistes et sexuelles et témoigne de son engagement.
Sophie Demange, quant à elle, signe avec Les Bouchères (L’Iconoclaste) un premier ouvrage percutant. Engagée dans le milieu humanitaire, son roman noir et explosif met en scène trois femmes déterminées, marquées par les épreuves, choisissant de reprendre leur destin en main.
Mathieu Gigaud
