Trivalis, Vendée Eau et le SYDEV reçoivent du 11 au 15 octobre une délégation venue de trois municipalités libanaises : Zahlé, Araya et Hammana. Les trois syndicats départementaux y travaillent ensemble sur les déchets, l’eau et l’énergie, un montage qu’aucun autre département français n’a tenté. Au Liban, 95 % des ordures finissent en décharge et le robinet ne coule que deux jours par semaine.
Tout est parti du projet SOCLE, piloté par la Région des Pays de la Loire entre 2019 et 2022, auquel Trivalis avait participé pour conseiller des municipalités libanaises sur leurs déchets. Le syndicat vendéen a prolongé l’affaire de son côté, à Araya et à Zahlé. Vendée Eau et le SYDEV l’ont rejoint à Hammana, sur l’eau et l’énergie. Une convention-cadre a scellé le trio le 9 juillet 2024. Une délégation vendéenne s’est rendue au Liban en septembre 2025 ; c’est cette semaine le voyage retour, avec visites de sites vendéens et une demi-journée d’échanges techniques.
La situation libanaise justifie le détour. Depuis l’explosion du port de Beyrouth en 2020, la livre s’est effondrée et l’État n’assure plus les services de l’eau, de l’énergie et des déchets. Quatre heures d’électricité par jour, deux jours d’eau non potable au robinet par semaine, et le reste à acheter aux camions-citernes privés. Côté déchets, une étude de l’ALMEE commandée par l’ADEME en 2021 recensait 900 décharges dans le pays, pour la plupart non contrôlées, recevant 95 % des ordures.
Zahlé, dans la plaine de la Bekaa, est le plus gros des trois chantiers. Entre 40 et 50 % des déchets y sont organiques et partent en décharge, pendant que 80 % des déchets verts, tailles de vignes et branchages, brûlent à l’air libre. Trivalis a vérifié le chiffre auprès d’une centaine d’agriculteurs du secteur en 2025. L’idée est de collecter séparément ces deux flux et de les composter ensemble sur la plateforme existante, pour rendre à la plaine la matière organique qui lui manque. Le syndicat offre le matériel : bacs, sacs kraft, équipements de protection, broyeur industriel, camion de collecte, près d’un million d’euros hors taxes qui partiront par bateau d’ici la fin de l’année.
Les deux autres projets sont plus modestes. À Araya, où une caractérisation a relevé 43 % d’organiques dans les poubelles, Trivalis finance des composteurs individuels, trois composteurs collectifs et des bioseaux, pour 50 000 euros environ, fabriqués sur place par des entreprises libanaises. À Hammana, Vendée Eau et le SYDEV en sont à l’étude : la station d’épuration a presque quarante ans et ne tourne plus, la station d’eau potable mise en service en 2018 a été abandonnée quand le fuel du groupe électrogène est devenu hors de prix. Le diagnostic, lancé en septembre 2025, doit s’achever fin 2026, avec une centrale solaire pour alimenter les deux installations.
Les trois projets vivent de subventions. Zahlé est financé par l’Agence française de développement à hauteur de 1 403 000 euros, par l’ADEME pour 86 000 euros sur le volet sensibilisation, et par la Région des Pays de la Loire pour 15 000 euros. Araya est soutenu par le ministère des Affaires étrangères, 106 000 euros, et par la Région, 15 000 euros. Hammana relève des mêmes financeurs, sans montant communiqué.
Infos pratiques
Délégation libanaise reçue en Vendée du dimanche 11 au jeudi 15 octobre 2026
Communes concernées : Zahlé, Araya et Hammana
Projets portés par Trivalis pour les déchets, Vendée Eau et le SYDEV pour l’eau et l’énergie
